Queer Lisboa, un cinéma haut en couleurs

Nom: Queer Lisboa
Lieu: Lisbonne, Portugal,
Date: Fin septembre
Site officiel: http://www.queerlisboa.pt/

Bande annonce :ICI

Pour les amateurs de festivals en tous genres également fervents de découvertes et de voyages, je propose aujourd’hui un focus sur un festival étonnant qui se déroule à Lisbonne dans la deuxième moitié du mois de septembre. Ce festival, qui pourrait passer tout à fait inaperçu pour qui ne s’y intéresse pas un minimum, n’est en fait rien d’autre que le plus ancien festival de la ville, et le deuxième en termes d’importance et de popularité.

Ce qui fait la particularité de ce festival, c’est sa programmation, qui présente des films traitant de questions en rapport avec la communauté LGBT (regroupant essentiellement lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels): questions relatives aux genres, à l’identité, à la sexualité… ceci à travers une gamme de divers supports et formats visuels: longs et courts-métrages, documentaires et fictions, clips musicaux, vidéos expérimentales.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le public visé n’est pas uniquement un public d’homosexuels, même si, dans les faits, ils composent une grande majorité de l’assitance. Les films, aussi divers soient-ils, tant dans les sujets abordés que dans leur traitement, se veulent tout de même, pour la plupart, assez engagés. Mais, entre les histoires à l’eau de rose à l’époque victorienne et les documentaires crus, en passant par des courts-métrages à l’humour acerbe, tout le monde peut y trouver son compte.

La quatorzième édition du festival, qui s’est déroulée du 17 au 25 septembre dernier, était manifestement placée sous le signe de la diversité. Et le palmarès auquel nous avons assisté n’a fait que confirmer cette impression.

Dans la catégorie court-métrage, le grand vainqueur est un film français, Toilet Zone, réalisé par Didier Blasco, qui nous offre le point de vue d’un employé d’une entreprise de nettoyage, noir, hétérosexuel et naïf, sur les événements pas très catholiques qui se déroulent assez fréquemment dans les toilettes d’un centre commercial, réputées pour être un lieu de rencontres et de débauche.

Un court assez sympathique et drôle, malgré quelques clichés évitables (par exemple, le fils de l’employé en question qui abandonne le foot, alors que son père lui promet une grande carrière à la Zidane, pour faire un stage de coiffure) et quelques passages un peu lourds, mais rien qui ne soit vraiment désagréable ou qui n’altère l’originalité de ce film.

Nous n’avons malheureusement pas vu les films primés dans les catégories meilleur documentaire (Angrarna-Regretters, de Marcus Lindeen, sur la rencontre entre deux transsexuelles d’une soixantaine d’années qui reviennent sur leur changement de sexe) et meilleur long-métrage (El Último Verano de la Boyita, de Julia Solomonoff, également primé dans la catégorie meilleure actrice, qui met en scène un jeune hermaphrodite).

Quant au film de clôture, Plan B, de Marco Berger, primé dans la catégorie meilleur acteur, il nous a laissé une très belle impression. Il retrace l’histoire de Bruno, dont la petite amie vient de le quitter pour aller vers un autre homme, Pablo. Bruno veut à tout prix récupérer sa petite amie, et pour ce faire, il imagine un plan machiavélique: se lier d’amitier avec Pablo, devenir très proche de lui, afin de le troubler, et de semer le doute dans son esprit quant à ses préférences sexuelles. Ce que Bruno n’avait pas prévu, par contre, c’est que lui-même n’est pas à l’abri d’un possible retournement de situation…

Très juste et très bien interprété, ce film joue à merveille avec les non-dits et les tabous, les brise pour mieux faire sentir leur présence, et touche par sa sensibilité, qui ne tombe jamais dans l’exagération ou le pathos. On se sent très vite pris par cette histoire émouvante et naturelle, on évolue en même temps que les personnages, on les accompagne dans leurs questionnements et leurs découvertes.

Quelques longueurs parfois, dans le fond comme dans la forme, mais, après réflexion, elles se trouvent totalement justifiées. Un très beau film, qui soulève des questions intéressantes.

Au vu des salles remplies et de l’enthousiasme des organisateurs comme des spectateurs, on ne doute pas que ce festival n’a pas fini de faire parler de lui. La quinzième édition est d’ailleurs déjà en route…

Julie B-S

Cette entrée a été publiée dans Festivals, Question de genres et taguée , , , , , , , , , , , . Ajouter aux Favoris le permalien.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s